Interview de Robert Allsopp
Aujourd'hui, nous vous proposons l'interview exclusive d'un homme passé maitre dans la création de props et de costumes originaux. Double oscarisé pour le travail incroyable de ses équipes de raprops sur Gladiator (2001) et Elizabeth, l'âge d'or (2007), il nous livre les secrets de sa vision du métier, ses débuts et quelques anecdotes très intéressantes, notamment concernant un film qui l'a marqué en particulier...
MO : comment est née votre passion qui est devenue votre métier ?
Depuis toujours je créée des maquettes et des marionnettes, et lorsque j'ai quitté l'école, j'ai décidé de réaliser des props et des costumes pour le cinéma. Ce serait mon métier. J'ai donc suivi pendant trois ans des cours de theatrical design avant de devenir professionnel.MO : Quel a été le premier vrai projet de cinéma sur lequel vous ayez travaillé ?
Je crois me souvenir que j'ai en tout premier travaillé sur un film d'horreur à tout petit budget. Ça s'appelait Rawhead Rex. Une société d'effets spéciaux avait réalisé le monstre et j'avais réalisé la tenue en cuir portée par le personnage principal.MO : Quel est le prop qui vous a mobilisé le plus longtemps ?
Les combinaisons de plongée que l'on voit dans La ligue des Gentlemen Extraordinaires restent probablement à ce jour les costumes les plus compliqués que nous ayons eu à usiner. Elles étaient vraiment très élaborées, construites sur une base de caoutchouc avec un nombre invraisemblable de détails et de fioritures en fibre de verre, mais je ne peux même plus dire combien nous avons passé d'heures à leur confection, tant on a fait travailler de monde dessus. Je pense que l'on a du passer au total plus de 1000 heures dessus.MO : Quel est le prop le plus compliqué que vous ayez eu à fabriquer ?
Les combinaisons de plongée de la Ligue des Gentlemen Extraordinaires ont vraiment été des pièces maitresses de notre activité.MO : Quelles pièces de votre catalogue ont mobilisé le plus de salariés ?
Encore une fois, les combinaisons de plongées réalisées pour la Ligue des Gentlemen Extraordinaires, sans aucun doute. J'avais déjà travailler avec plus de 20 personnes sur le Roi Lion, mais dans ce cas-là, ils travaillaient sur tout un éventail de pièces. Pour LXG, nous nous focalisions sur un seul type de costumes.MO : De quelles pièces êtes-vous aujourd'hui le plus fier ?
Je suis particulièrement fier d'avoir réalisé l'armure de Cate Blanchett dans "Elizabeth, l'age d'or" en 2007. D'une part parce qu'elle apparait sur l'affiche du film et du DVD, mais également parce qu'il a remporté l'Oscar du meilleur Costume cette année-là.MO : Sur quel projet existant auriez-vous aimé travailler ?
J'aurais aimé travaillé plus que je ne l'ai fait sur Doctor Who, bien que j'ai déjà officié sur la série et sur le film. Je ne me laisserai jamais de travailler sur Dr Who. Sinon, j'aurais adoré travaillé sur l'Empire contre-attaque ou Dark Crystal, mais j'étais encore étudiant au moment où ces deux films ont été réalisés.MO : Quelle est votre réelle liberté d'expression artistique sur un film ?
Cela dépend énormément du metteur en scène et du projet sur lequel on est engagé pour travailler. La plus grande liberté qu'on m'ait laissé dans le production design fut sans conteste celle que j'ai pu ressentir pour la Ligue des Gentlemen Extraordinaires. J'ai en effet obtenu le feu vert de la production pour concevoir plein de prop et d'accessoires qui ont été fabriqués, même si la plupart n'a même jamais été utilisée.MO : Quelle est votre réaction lorsqu'une maquette est détruite au cours d'un tournage ?
Cela n'est pas très courant, à dire vrai. Les maquettes que je conçois et que je réalise ne sont pas souvent détruites par la production. Mais j'avoue que cela me satisferait pour peu que cela soit pleinement saisi par les caméras et que le rendu soit bon à l'écran. En général, quand un prop ou une maquette est censée être détruite à l'écran, on garde cet état de fait lorsqu'on la conçoit, on ne la réalise pas de la même façon qu'un objet fait pour durer, donc ce n'est jamais un problème et il n'y jamais de pincement au cœur.MO : Pouvez-vous nous dire quelques mots des projets sur lesquels vous travaillez actuellement ?
Je ne peux rien dire, je suis tenu au secret professionnel.| Tweet |

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